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ARTICLE - Les larves à la conquête des marchés - La Montagne 13/09/2019 

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La Montagne 13/09/2019 
 
Robin Bouctot
 
L’odeur chatouille les narines. Curieuse, plutôt douce. Proche de la cacahuète. «Loin de celle qu’on retrouve dans les usines de farines de poisson », glisse Samuel Lopez, directeur d’Ynovéa. Le long des murs et dans les hangars, qui respirent encore le neuf, d’énormes sacs montés sur palettes. Celui-ci fait 250 kg mais semble en peser trois fois moins. Il est pourtant plein jusqu’à la gueule de petites larves brunes mortes et déshydratées. Les fameuses hermetica illucens. Les larves de la mouche black soldier, star montante qui suscite au plus haut point l’intérêt des industriels et des éleveurs.
 
La réglementation européenne permet d’ores et déjà de nourrir des animaux d’ornements et d’utiliser des farines d’insectes dans l’aquaculture. Cochons et volailles devraient suivre. Autant de marchés sur lesquels Ynovéa envisage de se positionner. Autant dire que la liste des clients potentiels est longue. «Aujourd’hui, l’insecte est un incontournable. C’est-ce qu’on a de cesse de nous répéter », insistent Cathy et Samuel Lopez, respectivement présidente et directeur de l’entreprise.
 
Pour poissons et chevaux
 
Une dizaine d’années après ses premiers pas avec les insectes, le couple va inaugurer ce soir les 1.600m2 du site de production, d’où sortiront plus de 50 tonnes de pellets alimentaires par mois. «Quand on se pose5minutes et qu’on voit le chemin parcouru, c’est sûr que nous sommes fiers », confie Samuel Lopez. Et il y a de quoi. C’est d’abord dans leur ferme d’animaux d’ornements, en Dordogne, qu’ils s’essayèrent à l’élevage d’insectes. Pour nourrir leurs poules et autres canards. «Quand cette nouvelle alimentation a commencé à faire parler d’elle, on en constatait déjà les avantages », explique Cathy Lopez. Alors, ils se sont lancés. Avec une idée claire. Pour répondre à la demande, il fallait transformer cette alimentation en produit pratique : le pellet. «Pour l’instant on commence avec une “recette universelle” qui convient  à tous les animaux, composée d’une dizaine de plantes et d’ingrédients naturels .Mais le rôle de notre pôle Recherche &développement sera d’en développer plusieurs, adaptées aux différents besoins.» Une recette donc, mais de nombreuses gammes de produits, du pellet millimétrique, idéal pour nourrir le poisson rouge aux plus gros pour chevaux, chats, chiens et tous autres animaux domestiques. «Tous mangent des insectes, c’est naturel !» insistent-ils.
 
Tout est bon dans la larve
 
Le directeur d’Ynovéa s’appuie sur l’escargot. Peu ragoûtant vivant et pourtant, les Français en raffolent. Pourquoi en irait-il autrement des insectes ? « Ça entre petit à petit dans les mœurs. De toute façon, on a trop pollué. On n’a pas d’autres choix que d’ouvrir les esprits et d’aller de l’avant !» Car la larve de l’hermetica illucens, en se substituant au moins pour partie aux farines animales, présente une protéine «alternative et durable ». «Les farines utilisées dans l’élevage, sont aujourd’hui très controversées car elles sont dénaturées. Alors que dans l’insecte, les acides aminés sont très bons. C’est une alimentation plus qualitative et sans le moindre additif, conservateur ou produit chimique.» Ce qui a valu à Ynovéa une labellisation «écologie et écoresponsable », première société privée à le recevoir des mains du ministère de l’écologie. Livré par des fermes d’élevage d’insectes de France et d’Europe, Ynovéa se charge ensuite de la transformation en «produit abouti ». Sans recourir au moindre intermédiaire, de la réception au conditionnement. Ils sont une dizaine d’employés sur le site. «On vise une trentaine de salariés d’ici 3 ans », explique Cathy et Samuel Lopez, ambitieux et confiants en l’avenir. 50 tonnes sortiront mensuellement du site. Production qui pourra s’élever jusqu’à 200 tonnes mensuelles.
 
«On s’intéressera à la consommation humaine »
 
« Aujourd’hui, c’est notre seul site, mais peut­-être qu’il y aura des filiales ou des succursales dans les années à venir.» Une trentaine de références sont déjà proposées à la vente, de l’insecte entier à l’huile, en passant par le granulat et, bien sûr, le pellet. Pas question d’insectes pour l’apéritif pour l’heure. «Mais dans un moyen terme on s’intéressera à la consommation humaine, sous la forme de compléments alimentaires uniquement. »
 

ARTICLE - Une alternative naturelle pour les animaux - Pet Worlwide n°4 / 2020

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Les insectes deviennent de plus en plus importants dans le prisme de l’alimentation animale, comme une source de protéines durable et éco-responsable. La start-up française Ynovéa s’est spécialisée dans ce domaine, et croit fermement qu’il porte de grands marchés potentiels. 
 
En Septembre, la team des époux Lopez lancent l’entreprise ensemble, avec Bertrand Deslandes, à Naves, petite ville à coté de Tulle en Corrèze. Le site du bâtiment originel, une entreprise pour matériaux de construction appelée Martinie Matériaux, cède à Ynovéa une production de 1600m2 dans laquelle aboutissent jusqu’à 50 tonnes de produits finis par mois.
 
Les jeunes entrepreneurs viennent du monde de l’agriculture et du bétail. Sous la marque Naoty, ils offrent une gamme complète, comprenant actuellement jusqu’à 40 produits, pour chiens, chats, oiseaux de cage, oiseaux de la nature, volailles d’ornement, poissons de bassin, reptiles, et rongeurs. « Nous vendons des larves entières, granulées, de la farine dégraissée ou non, de l’huile d’insectes et des pellets de différentes tailles, incluant la micro-granule. » explique Cathy Lopez. Les produits ne contiennent pas d’additifs chimiques, de farine animale dénaturée ou graisse d’animale, et sont exclusivement basés sur des insectes, des plantes et autres ingrédients naturels. Cela fait d’Ynovéa une entreprise unique en Europe. Elle diffère aussi par son respect des autres productions de petfood utilisant l’insecte, selon Cathy Lopez, parce que la nourriture produite par ces derniers contient seulement des petites doses de protéines d’insectes, se basant plutôt sur des sous-produits animaux. La larve de la mouche soldat noire, utilisée en production, est obtenue par Ynovéa via des fermes éco-responsables en France et aux Pays-Bas.
 
La plupart des animaux mangent des insectes
 
Samuel et Cathy Lopez réalisèrent à quel point la protéine d’insectes était versatile il y a quelques années, lorsqu’ils s’occupaient d’une ferme de volaille ornementale avec 200 espèces différentes, en Dordogne. Suite à cela, ils élevèrent leurs propres insectes pour nourrir leurs animaux. Une chose leur apparut alors très clairement : « que ce soit des poissons, des oiseaux ou des rongeurs, la plupart des animaux consomment des insectes dans leur environnement naturel, aussi bien comme les chats et chiens. Si vous les observez attentivement, vous serez surpris de voir cela en pleine nature, comment ils chassent et se délectent de petits grillons et d’insectes volants », explique Cathy. 
 
L’idée du couple, laquelle n’était qu’un projet virtuellement révolutionnaire à l’époque, ne fut pas une réussite avec les banques qu’ils avaient contactés pour chercher des financements. Alors ils vendirent leur propriété en Dordogne, et vécurent quatre ans en Roumanie. Là-bas, ils créèrent leur propre concept de business pour lancer une entreprise qui produit, innove, et vend de la nourriture à base d’insectes, 100% naturelle, prête-à-l ’emploi pour les animaux et (dans le futur) aussi pour les humains. 
 
A leur retour en France, ils se lancèrent dans la réalisation de leurs ambitions. Selon les propriétaires, l’établissement de la nouvelle entreprise fut un succès complet. La crise du coronavirus n’a cependant pas été en leur faveur et signifia un sérieux revers pour Ynovéa, comme pour tant d’autres à travers le monde. Malgré cela, le couple est confiant, et pense pouvoir bientôt revenir dans la marche du départ prometteur qu’ils firent l’an passé.
 
Les produits pour animaux continuent tout de même d’être distribués en France principalement par des magasins jardinerie, en animalerie, en ligne, bien que Ynovéa prospecte aussi d’exporter. L’entreprise a déjà pris contact en Guadeloupe, à La Réunion et au Sénégal. 
 
Même si le point de focus actuel d’Ynovéa est sur la marque de petfood Naoty, les deux fondateurs pensent que la protéine d’insectes est aussi durable pour d’autres domaines, et c’est pourquoi l’entreprise a développé une nouvelle gamme de produits de la marque Nauty, pour la pêche à la ligne. Le couple dynamique voit aussi d’autres utilisations des produits à base d’insectes, dans l’aquaculture, l’élevage ornemental -  et pas des moindres, pour les humains : un champs qu’ils entendent aborder dans le moyen terme. Bien que l’entreprise, avec ses douze employés, opère depuis moins d’un an, elle est déjà devenue la première compagnie à obtenir le label « éco-responsable » du Ministère Français de l’écologie, ajoute fièrement Cathy.
 
Traduit de l'anglais par Léa Lopez

ARTICLE - Ynovéa transforme les insectes - L’Echo du 12/09/2019

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Innovation
 
La société Ynovéa, dirigée par Cathy et Samuel Lopez, s’est installée sur la zone de la Geneste à Naves. Cette entreprise innovante produit, transforme et commercialise de l’alimentation prête à l’emploi à base d’insectes, 100% naturelle, destinée aux animaux d’élevage et domestiques, à la pêche mais aussi (dans le futur) à l’homme !
«Dans la nature, d’innombrables animaux se nourrissent avec des insectes. Nous l’avons oublié, or il n’y a pas plus cohérent et sain !», insiste Samuel Lopez.
Avec son épouse Cathy, il a constaté les bienfaits de l’alimentation à base d’insectes sur sa ferme d’animaux d’ornement à Lanouaille en Dordogne. Celle-ci réunissait 200 espèces différentes : grues, paons, oies, canards exotiques. Le couple possédait son propre élevage d’insectes pour les nourrir. «Nous nous sommes dits : c’est bien, c’est nutritif, cohérent, naturel, mais il faut aller plus loin et mettre au point un produit abouti que les animaux pourraient consommer facilement selon leur espèce», poursuit Samuel Lopez. Diplômés dans l’agro-alimentaire, poussés par des valeurs écologiques, aidés  par Bertrand Deslandes le 3e fondateur, les deux éleveurs se lancent alors dans la fabrication de pellets à base de farine d’insectes, pour l’aquaculture, le loisir pêche, l’aviculture, les animaux de compagnie et l’homme (complément alimentaire sous forme de cachets). «Nous avions décidé de monter le projet en France mais cela a été compliqué du côté des banques. A l’époque, nous étions vraiment précurseurs».
 
Un produit 100% naturel
 
Le couple décide alors de vendre sa propriété et de tenter l’aventure en Roumanie avec ses deux enfants. «On s’est autofinancés, on y a cru jusqu’au bout et vécu quatre ans là-bas. On y a monté notre première production et distribué en France et en Europe. Nous avons créé notre propre concept, déposé nos deux brevets en France. Aujourd’hui, ceux-ci sont délivrés officiellement dans notre pays et un sur les deux va l’être en Europe». Cette protection permet d’avoir une place de leader, de réaliser des produits allant de 0,001% jusqu’à 100% de farine d’insectes, mais aussi d’élaborer des recettes en intégrant tous les végétaux et les minéraux possibles pour correspondre à la demande du client. Pellets, comprimés, billes, les formes sont multiples… «Nous vendons des larves entières, du granulat, de la farine dégraissée ou non, de l’huile d’insectes et les pellets de différentes tailles y compris de la micro-granule», détaille Cathy Lopez. Le produit reste 100% naturel. «Quand il se dégrade, il enrichit son milieu. Dans les secteurs aquacole et pêche  c’est important». Ynovéa fait partie de la filière insecte, dans laquelle il manquait un transformateur. «Le cadre réglementaire est très strict : on ne peut transformer les insectes que dans une usine dédiée à ça. Nous ne pouvons pas les croiser avec d’autres protéines animales comme la farine de poisson».
 
“Nous faisons tout nous-mêmes”
 
Souhaitant mener l’entreprise sur une autre dimension et constituer une équipe avec différentes compétences, le couple décide de revenir en France. Démarchés par Tulle agglo, portés et aidés «par un réseau riche et efficace», les Lopez optent pour la zone de la Geneste à Naves et pour une partie des locaux de Martinie Matériaux. Les 1.600 m² sont réaménagés du sol au plafond pour correspondre aux process et contraintes. Le chantier dure deux mois. Sur le site, les insectes élevés ailleurs (voir ci-dessous) sont transformés, emballés, expédiés. «Nous faisons tout nous-mêmes». Un laboratoire est dédié à la recherche et au développement. Dix personnes travaillent dans la société aujourd’hui mais l’entreprise s’est fixée l’objectif d’avoir 30 salariés d’ici trois ans. «Nous allons progressivement monter en cadence. Nous sommes en capacité de produire à terme 200 tonnes par mois».  La clientèle va de la petite boutique aux grosses enseignes, en passant par les éleveurs, les clubs, les associations, les grossistes… en France, en Europe et au-delà. «Nous avons des contacts en Russie, au Québec, en Corée du Sud…», souligne le couple passionné par cette aventure.
Rédigé le  1 mars 2021 17:18  -  Lien permanent

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