L’histoire de l’entomophagie

Eric Monpeurt

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Le fait de manger des insectes s’appelle l’entomophagie !

Considéré comme « tendance » en ce moment, ce mouvement risque de prendre de l’ampleur dans les décennies à venir. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture en encourage même la production et la consommation.

Pour vous donner une idée, 200 g de grillons couvrent les besoins quotidiens en protéines d’un adulte de 70 kg.

En ce qui concerne l’humanité, de nombreux peuples consomment des insectes, parfois recherchés comme des friandises. On a recensé plus de 1 900 espèces appartenant à 628 genres et 112 familles consommés par 3 000 ethnies différentes et faisant partie de la consommation alimentaire régulière d’au moins 2 milliards de personnes ou de la consommation plus opportuniste de 4 milliards de personnes. Ce nombre d’espèces constitue une limite basse : un biais culturel concernant l’entomophagie pourrait ne pas motiver à chercher une identification précise des espèces consommées. L’homme ingurgite à son insu 500 grammes d’insectes en moyenne par an, dissimulés dans les fruits, les confitures ou le pain.

Avant que les hommes aient des outils pour la chasse ou l’agriculture, les insectes pourraient avoir représenté une partie importante de leur régime alimentaire, comme en attestent les nombreux fragments d’insectes (coléoptères, criquets, poux, tiques, mites) retrouvés dans les coprolithes humains de grottes aux États-Unis et au Mexique. Les précurseurs de l’Homo sapiens actuel étaient probablement aussi entomophages. Il s’agissait probablement d’une consommation opportuniste. Certains chercheurs suggèrent que les premiers primates étaient des animaux nocturnes arboricoles insectivores. De même, les singes actuels ou les primates existants, tels les ouistitis et les tamarins sont également insectivores à des degrés divers.

On trouve des allusions à un tel régime insectivore dès l’Antiquité. Sur une œuvre assyrienne datée d’environ 700 av. J.-C. représentant un festin, les sauterelles apparaissent déjà comme un met raffiné. La Bible et le Coran font état des insectes dans l’alimentation et plus particulièrement des sauterelles, preuve du rôle que ces insectes ont joué à certaines époques et dans certaines civilisations au point de vue alimentaire. Ainsi, lorsqu’il était dans le désert, Jean le Baptiste « vivait de sauterelles (criquets) et de miel sauvage ». Les Grecs et les Romains mangeaient des insectes, tels que les abeilles et les cigales, ainsi que leurs larves. Aristote vante les femelles de cigales pleines d’œufs et les mâles avant l’accouplement étaient plus spécialement recherchés chez les Grecs tandis que Pline l’Ancien raconte dans son Histoire naturelle que les gros vers du chêne rouvre sont un met recherché par les Romains.

Au XVIIIe siècle, la consommation d’insectes est recommandée pour ses vertus médicinales. La pharmacologie populaire française comporte alors des hannetons séchés ou de l’huile de hanneton dans la lutte contre différentes maladies (rage, goutte…). L’entomologiste Jean-Henri Fabre rappelle dans ses Souvenirs entomologiques un repas en famille durant lequel des larves de l’ergate forgeron sont grillées sur des brochettes. Fabre les considère comme un met excellent à saveur d’amande, relevé d’un vague arôme de vanille, n’était-ce la peau qui laisse à désirer, tant elle est coriace.

Si la consommation d’insectes a disparu des tables des hautes classes de la société, elle s’est maintenue longtemps parmi les paysans, bien que de manière marginale. Par exemple, certains vieux fromages dans lesquels se développent des asticots étaient consommés. Cette habitude s’est conservée dans le casgiu merzu, fromage de Corse du Sud.

Wikipédia

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